Je suis comme Saint Tommy je ne crois que ce que je vis

Je suis comme Saint Tommy je ne crois que ce que je vis

La grossesse entre mythes et réalités, ou plutôt entre insomnies et chaussures non lacées…

Le côté positif à ne pas avoir cotoyé de femmes enceintes de manière assidue (il y en a eu quelques unes, je ne vis pas au couvent, mais pas assez lontemps et fréquemment pour avoir été dûment briefée), c’est que je suis partie la fleur au fusil pour une plongée dans les abîmes de la grossesse.

Alors oui, bien entendu, je connaissais le récit de ma mère sur son vécu de la grossesse et sur ma naissance. Mais c’était il y a 33 ans et je la soupçonne d’avoir adouci son récit pour ne pas (trop) m’effrayer… Quelques collègues m’ont également tenue au courant des quelques updates qui étaient survenues en terme de suivi grossesse et d’accouchement depuis les années 1980…

Jusqu’ici je catégorise les expériences : celles que je pensais vivre et qui sont indubitablement absentes, celles auxquelles je m’attendais, et celles dont je n’avais pas soupçonné l’existence (ni l’intensité d’ailleurs)…

Don’t worry be happy, je n’irai pas jusqu’à vous dévoiler mes analyses urinaires ni sanguinaires, même si en toute honnêteté on a beau répéter aux femmes enceintes qu’elles ne sont pas malades on finit par les traiter comme telles…

Celles que j’attendais et qui sont aux abonnées absentes (pour le moment…) :

  • la grosse fatigue du début qui vous donne envie de vous allonger peu importe l’endroit où vous vous trouvez…
  • le teint de pêche, alors celui-là faut qu’on m’explique où il est, probablement en ballade avec le rayonnement de la femme enceinte et l’auréole de la madone en devenir…
  • les sautes d’humeur dues aux hormones qui n’ont jamais pointé le bout de leur nez, pas une crise de larme, pas un câble n’a lâché, rien… (bon si on me cherche et qu’on me colle devant un épisode de baby boom je finis par céder…)
  • Les cheveux soyeux et brillants… on m’a vendu du rêve ! J’ai hérité depuis 7 mois d’une touffe de cheveux tendance crin de cheval aussi coiffable qu’une botte de paille…

Beyoncé la Madone 3.0

Celles qui sont bien présentes mais pas exactement comme je l’attendais ou alors pas au moment où je l’attendais :

  • les insomnies et ce depuis le deuxième mois… avec une moyenne de 5 heures de sommeil en version puzzle.
  • devoir se résoudre à dormir sur le côté et non plus sur le ventre et ce très rapidement.
  • les envies/dégoûts alimentaires :  l’impossibilité physique d’avaler un carré de chocolat ou tout élément sucré lors du premier trimestre, le besoin irrépressible de manger du merlu ou du dos de cabillaud  alors que je ne mange plus d’animaux dotés d’arrêtes depuis la séparation des spices girls (c’est ce que j’appelle les repères temporels générationnels). Pour le reste je suis atrocement et tristement raisonnable, mes envies se portant vers les légumes et les fruits BIO, le fromage blanc BIO et les pommes noisettes NON BIO (il faut bien que j’habitue un minimum notre progéniture aux exhausteurs de goût et autres substances nocives)…

Les expériences qui me tombent dessus sans que je sache si c’est lié à la grossesse ou si mon cerveau est juste en train de se faire la malle en douce. Par exemple cette fois où je me suis retrouvée à 4h00 du matin à silloner les allées de ma résidence en pyjama, doudoune et botte en daim persuadée d’y avoir perdu mon téléphone la veille au soir… alors que je l’avais posé sur le meuble de la télé. Et je m’estime heureuse puisque je n’ai pas été sujette au syndrôme de pica. Celui-ci consiste à ressentir un besoin irrépressible de manger des substances ou objets non comestibles (charbon, craie, bois, cailloux…). Cela doit faire un drôle d’effet de regarder une allée de gravillons devant chez soi et se dire qu’on en ferait bien son déjeûner.

Et avec ceci qu’est-ce que je vous mets ?

et enfin celles que j’attendais, qui sont bien là et avec laquelle je cohabite :

  • la maladresse qui me donne l’impression d’avoir deux savonnettes à la place des mains, attirant irrémédiablement tout ce que je touche vers le sol.
  • et son acolyte le ramassage des choses tomber par terre et qui m’oblige à adopter les positions les plus gracieuses qui soient.
  • le périmètre de mobilité considérablement réduit. Le côté posistif c’est que je fais marcher l’économie locale dans un rayon de 200 mètres maximum. Pour tout le reste il y a mastercard et la livraison chronopost/colissimo/relais Colis…
  • ce défi quotidien qu’est devenu l’enfillage de chausettes… et je ne vous parle même pas des bas de contention… rien que pour cela j’aurais aimé profiter d’une grossesse estivale pour évoluer en tongs en toute liberté.
  • et pour finir en beauté le pèse-personne qui s’affole tel un compteur geiger à chaque fois que je m’en approche. +400g le lundi -700g le mardi et +200g le mercredi.

Pour être tout à fait honnête il ne s’agit là que de petits désagréments avant d’affronter l’épreuve finale. Je n’aborde pas ici toutes les petites choses agréables, les heureuses surprises et la sensation absolument magique à chaque coup de pied/poing/tête et ce depuis très tôt. La première sensation ne fut pas celle d’un alien colonisateur mais d’une chatouille à l’intérieur du ventre qui m’a valu un éclat de rire en pleine rue… le ton était donné 😉

Merci aux hormones qui m’ont rendue plus zen, et qui ont une petite tendance à endormir pas mal de douleurs habituelles. On croise tous nos orteils pour que la couvée 2017 reste le plus longtemps possible au chaud et j’ai une pensée pour mes co-détenues de 2017 qui se reconnaîtront.

 

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