L’annonce faite à Mari(on)

L’annonce faite à Mari(on)

C’était un dimanche (jour du seigneur, celui où on mange des patates au beurre)…

Cela faisait déjà une dizaine de jours qu’une petite voix de buisson ardent résonnait dans ma tête.

Allez tu le sais bien ce qui se passe. Allez ma grande, il n’y a aucun symptôme mais tu le sais bien… Tu attends quoi ? Qu’on t’envoie un biker blond bouclé avec deux ailes tatouées entre les omoplates pour te faire une annonce…

Pour dire vrai cela ne m’aurait pas déplu…

Alors non, je n’attendais pas d’archange parce que je sais bien qu’il ne cause qu’à celles qui n’ont jamais fauté… J’ai d’ailleurs découvert que ce genre d’annonce divine n’était pas si rare. Sarah, l’épouse d’Abraham, et Elizabeth, la cousine de Marie, avaient également eu le droit à leur petit sms d’annonciation.

Bon revenons à nos brebis égarées. Faute d’archange Gabriel, trop occupé à peigner ses plumes, nous avons opté pour une annonce plus médicale et un peu moins spirituelle.

En ce dimanche soir estival, notre TGV entre en gare de Montparnasse (avec les réglementaires 40 min de retard) et il nous reste 15 minutes pour remonter le quai et braquer la pharmacie de la gare ouverte jusqu’à 20h. Alors que les choses soient claires, autant je suis foncièrement contre l’ouverture des magasins le dimanche, autant à cet instant, je suis prête à faire un cambriolage dans la première pharmacie qui se trouve sur mon chemin. Les pronostics sont les suivants : monsieur parie sur un petit oui à 3% et quant à moi je ne cherche qu’à confirmer quelque chose que je sais/sens déjà.

Et nous voilà tout penauds à demander à demi-mot un lot de deux tests de grossesse à la pharmacienne. Oui, dans ma tête ça s’achète par deux… on ne sait jamais si le premier ne marche pas…

Le trajet du retour est long, mais long, incroyablement long…. j’ai l’impression que le bus fait exprès de ralentir. D’ailleurs c’est moi ou il fait une marche arrière.

Une fois arrivés, je vous passe les détails, même ces messieurs ont une vague idée du fonctionnement d’un test clairement bleu… Vous noterez qu’il est tout de même curieux d’apprendre une nouvelle qui va faire basculer votre vie à jamais avec trois gouttes de pipi sur un bout de plastique…

La notice est formelle, le résultat peut mettre 3 minutes à s’afficher. C’est ce que j’explique à monsieur qui est parti faire la vaisselle. Les assiettes n’auront jamais autant brillé…

La réponse ne mettra pas 3 minutes mais 30 secondes à s’afficher et ne laisse aucune place au doute. Je vous dirais bien que nos coeurs ont battu la chamade mais non. Ils ont littéralement explosé dans nos cages thoraciques respectives. Vous savez ces moments où personne ne parle parce que les mots ne servent à rien.

Au bout de quelques minutes, le cerveau s’oxygène à nouveau et nous retrouvons l’usage de la parole. Enfin, l’usage de la parole c’est vite dit, le cerveau a grillé quelques neurones au passage ce qui provoque un bug interne. Je repète en boucle : « Non mais c’est dingue. P***** c’est pas vrai ! Non mais c’est pas vrai. P***** c’est dingue » vous noterez la variante….

un peu comme Janice, vous vous souvenez de Janice bon et bien pareil…

Je vous épargne l’annonce aux futurs grands-parents auxquels nous envoyons une photo du test « C’est un thermomètre ??? ». Alors non, j’aurais pu prendre ma température avec mais le résultat m’aurait envoyé directement aux urgences… S’en suivent des cris dans le combiné du téléphone qui résonnent encore dans les murs de l’immeuble.

Puis l’annonce aux amis et collègues. Je choisis de l’annoncer assez tôt. Si les choses prennent une tournure moins heureuse, je ne souhaite pas cacher l’évenement.

Et depuis ?

Et bien depuis un peu plus de 5 mois se sont écoulés, une cuisine a été montée, des rayons bodies et pyjamas ont été dévalisés, une future big mama a été médicalement arrêtée. Il ne reste plus qu’une chambre à préparer…

Et là je vous vois venir… ah mais c’est pour ça… elle va nous faire un blog de grossesse/maman/recette de purée bébé/pétition pour la crèche…. Alors non ce n’est pas le but. Ne nous voilons pas la face, il y aura forcément des articles qui entreront dans la catégorie Big Mama mais pas que…

Alors je vais m’engager dans la dernière ligne droite de cette grossesse (celui qui a inventé cette expression n’a jamais été enceinte… on marche de plein de manières mais certainement plus en ligne droite) avec à mes côtés le co-fondateur de notre futur(e) héritier(ère). Vous ne pensiez tout de même pas que je vous révèlerai son sexe… non mais. Par contre je peux vous donner les prénoms. Melania si c’est une fille et Donald si c’est un garçon… Allez quoi dédramatisons ce ne sont que des prénoms…

Nous n’attendons pas de miracle, d’ailleurs la maternité ne dispose d’aucune étable… nous souhaitons juste que tout se déroule le plus sereinement possible. Si elle/il accepte de patienter jusqu’à la date fatidique, nous nous réjouirons alors pour une autre raison qu’un nouveau président fraîchement élu…

 

la dernière écho… on voit bien son petit coeur non ??… Comment ça il est pas normal ?

 

Esprit de Noël es-tu là ?

Esprit de Noël es-tu là ?

SPOILER ALERT : merci d’éloigner de cet écran tout individu qui s’attend à voir passer Rudolphe le Renne et son dresseur enrobé le matin de Noël.

Parce qu’il n’est jamais trop tard pour écrire sa première lettre au Père Noël :

Cher Père Noël,

Loin de moi l’idée de remettre en cause l’idée même de ton existence aux yeux des autres, mais il est temps d’éclaircir quelques non-dits dans notre relation.

Je dois te l’avouer, je n’ai jamais vraiment cru en toi…  Enfin non, je n’ai jamais cru en toi tout court…

Malgré l’immense cheminée qui dominait le salon de la chaumière familiale et l’énorme conduit qui aurait pu vous permettre de vous glisser toi et ta grosse bedaine ceintrée jusqu’à notre âtre, mes chers parents n’ont jamais déposé de verre de lait ni de biscuit à ton attention. Il y avait bien une apparition magique de cadeaux le matin du 25 décembre mais ton nom n’a jamais été mentionné….

D’ailleurs dès que ma soeur et moi-même avons été en âge de nous passer de la poudre de perlinpinpin, nos parents entamaient les courses de Noël 2 à 3 semaines avant le réveillon et entassaient au pied du sapin les cadeaux précieusement emballés au fur et à mesure de leurs achats. Les yeux brillants, nous admirions la montagne de cadeaux destinés à tous les membres de la famille et aux amis recouvrir le pied puis les premières branches du sapin.

Si ce spectacle nous ravissait, il en était tout autre pour les malheureux parents et leur progéniture qui venaient nous rendre visite avant le 25 décembre. Le sapin trônant à l’entrée de la maison, il leur était impossible de manquer cette incongruité calendaire. Les yeux écarquillés devant ces cadeaux qui surgissaient avant la date fatidique, les enfants interrogeaient leurs parents bien embarassés. Les miens se justifiaient en inventant une histoire de tournée du Père Noël version Amazon premium ou plus récemment de  livraison de cadeaux en chaland (mode de transport local et beaucoup plus lent qu’un traîneau magique). Une pirouette qu’ils exercent encore aujourd’hui avec une habileté déconcertante. Dois-je préciser qu’ils sont respectivement instituteur et institutrice et que raconter des histoires a toujours été pour eux un jeu d’enfant ?

Alors certes, il n’a jamais été question de toi, de ton costume rouge, de ta fausse barbe et de ton chapeau en velours ni de ta ceinture en feutrine. Mais la magie, elle, demeure.

Depuis toutes ces années, et en particulier depuis que j’ai découvert qui se cachait derrière cette magie, j’y crois davantage. Parce que c’est toujours magique de voir à quel point ma mère sait faire de jolis paquets en harmonie avec les couleurs du sapin, impeccablement pliés et de bon goût et à quel point mon père ne sait pas. Morceaux de scotch visibles, plis visibles, raccords de papier douteux, motifs pas toujours très heureux. Et vous l’auriez vu hier, lutter pour emballer maladroitement le cadeau destiné à sa bien-aiméé, il en était touchant.

Il y a aussi les petits malins qui trouvent du papier adapté au contenu… Bon le problème étant que l’on devine tout de suite que c’est R2D2 qu’a été emballé ici. A moins que cela soit un panier à linge…

Personnellement je prends vraiment plaisir à faire de jolis paquets. Oui, il y a deux trois choses bizarres que j’aime faire comme ça et que les autres détestent, les paquets cadeaux entre autres (et aussi les déménagements mais ça c’est une autre histoire).

Et puis ce que j’aime faire, sans aucune précipitation, c’est choisir les cadeaux. Ils sont généralement terminés 3 semaines à un mois avant Noël parce que tout au long de l’année c’est vraiment un plaisir de chercher et de trouver quelque chose qui peut plaire au destinataire. Alors j’y parviens ou pas. Mais l’intention est là.

Et pour couronner le tout, je vous donne ma position sur ce cruel dilemne qui divise la France entière (d’égale importance avec le débat : la dinde avec ou sans marron ?) Noël c’est le 24 au soir ou le 25 ?

Sans contestation possible c’est le 24 et pire encore, nous n’attendons même pas que le petit Jésus soit né… Maudits païens que nous sommes… Les cadeaux sont offerts à l’heure de l’apéro. Sacrilège !

Et je vais aggraver notre cas, cette année nous ne mangerons pas de bûche à Noël, mais un carrot cake…

Alors voilà, cher Père Noël, notre réveillon n’est peut-être pas des plus conventionnels, mais c’est le nôtre et peu importe que nous croyons en toi ou non ou qu’il y ait du foie gras au menu et que nos cadeaux soient emballés comme du Christo. Ce qui compte c’est que… oh c’est bon je vais pas vous faire un dessin. Sinon je vais finir par dire que j’aime ma famille, mes amis et que je suis contre la guerre dans le monde. Et personne n’a envie de lire ça un jour de réveillon de Noël, non ?

Joyeux Noël et n’abusez pas du chapon.