Esprit de Noël es-tu là ?

Esprit de Noël es-tu là ?

SPOILER ALERT : merci d’éloigner de cet écran tout individu qui s’attend à voir passer Rudolphe le Renne et son dresseur enrobé le matin de Noël.

Parce qu’il n’est jamais trop tard pour écrire sa première lettre au Père Noël :

Cher Père Noël,

Loin de moi l’idée de remettre en cause l’idée même de ton existence aux yeux des autres, mais il est temps d’éclaircir quelques non-dits dans notre relation.

Je dois te l’avouer, je n’ai jamais vraiment cru en toi…  Enfin non, je n’ai jamais cru en toi tout court…

Malgré l’immense cheminée qui dominait le salon de la chaumière familiale et l’énorme conduit qui aurait pu vous permettre de vous glisser toi et ta grosse bedaine ceintrée jusqu’à notre âtre, mes chers parents n’ont jamais déposé de verre de lait ni de biscuit à ton attention. Il y avait bien une apparition magique de cadeaux le matin du 25 décembre mais ton nom n’a jamais été mentionné….

D’ailleurs dès que ma soeur et moi-même avons été en âge de nous passer de la poudre de perlinpinpin, nos parents entamaient les courses de Noël 2 à 3 semaines avant le réveillon et entassaient au pied du sapin les cadeaux précieusement emballés au fur et à mesure de leurs achats. Les yeux brillants, nous admirions la montagne de cadeaux destinés à tous les membres de la famille et aux amis recouvrir le pied puis les premières branches du sapin.

Si ce spectacle nous ravissait, il en était tout autre pour les malheureux parents et leur progéniture qui venaient nous rendre visite avant le 25 décembre. Le sapin trônant à l’entrée de la maison, il leur était impossible de manquer cette incongruité calendaire. Les yeux écarquillés devant ces cadeaux qui surgissaient avant la date fatidique, les enfants interrogeaient leurs parents bien embarassés. Les miens se justifiaient en inventant une histoire de tournée du Père Noël version Amazon premium ou plus récemment de  livraison de cadeaux en chaland (mode de transport local et beaucoup plus lent qu’un traîneau magique). Une pirouette qu’ils exercent encore aujourd’hui avec une habileté déconcertante. Dois-je préciser qu’ils sont respectivement instituteur et institutrice et que raconter des histoires a toujours été pour eux un jeu d’enfant ?

Alors certes, il n’a jamais été question de toi, de ton costume rouge, de ta fausse barbe et de ton chapeau en velours ni de ta ceinture en feutrine. Mais la magie, elle, demeure.

Depuis toutes ces années, et en particulier depuis que j’ai découvert qui se cachait derrière cette magie, j’y crois davantage. Parce que c’est toujours magique de voir à quel point ma mère sait faire de jolis paquets en harmonie avec les couleurs du sapin, impeccablement pliés et de bon goût et à quel point mon père ne sait pas. Morceaux de scotch visibles, plis visibles, raccords de papier douteux, motifs pas toujours très heureux. Et vous l’auriez vu hier, lutter pour emballer maladroitement le cadeau destiné à sa bien-aiméé, il en était touchant.

Il y a aussi les petits malins qui trouvent du papier adapté au contenu… Bon le problème étant que l’on devine tout de suite que c’est R2D2 qu’a été emballé ici. A moins que cela soit un panier à linge…

Personnellement je prends vraiment plaisir à faire de jolis paquets. Oui, il y a deux trois choses bizarres que j’aime faire comme ça et que les autres détestent, les paquets cadeaux entre autres (et aussi les déménagements mais ça c’est une autre histoire).

Et puis ce que j’aime faire, sans aucune précipitation, c’est choisir les cadeaux. Ils sont généralement terminés 3 semaines à un mois avant Noël parce que tout au long de l’année c’est vraiment un plaisir de chercher et de trouver quelque chose qui peut plaire au destinataire. Alors j’y parviens ou pas. Mais l’intention est là.

Et pour couronner le tout, je vous donne ma position sur ce cruel dilemne qui divise la France entière (d’égale importance avec le débat : la dinde avec ou sans marron ?) Noël c’est le 24 au soir ou le 25 ?

Sans contestation possible c’est le 24 et pire encore, nous n’attendons même pas que le petit Jésus soit né… Maudits païens que nous sommes… Les cadeaux sont offerts à l’heure de l’apéro. Sacrilège !

Et je vais aggraver notre cas, cette année nous ne mangerons pas de bûche à Noël, mais un carrot cake…

Alors voilà, cher Père Noël, notre réveillon n’est peut-être pas des plus conventionnels, mais c’est le nôtre et peu importe que nous croyons en toi ou non ou qu’il y ait du foie gras au menu et que nos cadeaux soient emballés comme du Christo. Ce qui compte c’est que… oh c’est bon je vais pas vous faire un dessin. Sinon je vais finir par dire que j’aime ma famille, mes amis et que je suis contre la guerre dans le monde. Et personne n’a envie de lire ça un jour de réveillon de Noël, non ?

Joyeux Noël et n’abusez pas du chapon.

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